Le concept postural
Publié le 09/12/2005Nous proposons une médecine systémique, c’est à dire qui implique tout le système et non plus une maladie de symptômes. L’homme est considéré comme un système dynamique, adaptatif, complexe.
Nous proposons une médecine systémique, c’est à dire qui implique tout le système et non plus une maladie de symptômes. L’homme est considéré comme un système dynamique, adaptatif, complexe. La modélisation du système humain nous est fournie par l’existence du système cranio-sacré des ostéopathes auquel nous allons ajouter la mandibule pour constituer le système cranio-sacré-mandibulaire. La relation crâne sacrum est une relation aponévrotique, mais surtout méningée, dure-mérienne et on peut dire aussi liquidienne (par le liquide céphalo-rachidien). On reprendra la formule de MAY qui dans « kinésiologie Applied » dit ceci « si vous considérez le système cranio-sacré comme une pompe à liquide céphalo-rachidien, il faut considérer la mandibule comme le bras de cette pompe ».
Pour des raisons de commodité du schéma nous avons représenté ce dispositif orthogonal dure-mérien à l’extérieur du crane et de la colonne vertébrale alors que bien sûr tout ce système est inclus à l’intérieur du crâne et de la colonne vertébrale.
Le dispositif orthogonal dure-mérien est pour nous un des axes déjà primordiaux du référentiel orthogonal de la verticalité. Il donne à l’individu la conception de la verticalité et de l’orthogonalité car tout le référentiel spatial de l’homme est un référentiel orthogonal.
Ces deux systèmes vont fonctionner en miroir, il s’agit d’un processus d’auto-organisation. C’est à dire que toute tension dans le système crânio-sacré viendra s’exprimer dans le système mandibulaire et, c’est là une des causes en particulier du bruxisme.Ainsi , les chutes coccys-sacrum, les coups de lapin (ou whiplashs) vont créer des tensions qui focaliseront au niveau crânien et qui auront bien sûr un retentissement sur la mandibule.
A contrario toute tension ou dysfonction crânio-mandibulaire viendra compenser dans le système crânio-sacré et sera la cause d’une multitude de problèmes posturaux.
Nous proposons une conception dynamique des systèmes et de l’occlusion qui est ainsi une composante adaptatrice du système crânio-sacré mandibulaire. L’occlusion est adaptatrice et compensatrice et n’a plus son caractère fixe qu’on a bien voulu lui donner dans notre spécialité.
Mais si l’ATM est une région de compensation c’est à dire une région adaptatrice, c’est qu’elle possède en elle des caractères adaptateurs. On peut dire aussi que la connaissance de la qualité de l’ATM, de sa physiologie est un critère de connaissance de l’ensemble du système.
Cette articulation temporo-mandibulaire peut jouer ce rôle adaptateur tout simplement parce qu’elle n’est pas une articulation classique comme un genou, mais, qu’elle est à notre idée une suture crânienne. Le caractère sutural de l’ATM nous est donné pour des raisons histologiques, embryologiques mais aussi fonctionnelles.
La grande erreur de notre spécialité a été de considérer l’ATM comme une articulation classique avec un cartilage hyalin qui lui ne souffre aucun traumatisme et n’a aucune capacité de récupération ou de cicatrisation.
Notre concept postural sera un concept crânien.
Ce sera pour nous une tête référencée et équilibrée dans l’espace suivant un dispositif orthogonal, et, à partir de ce crane partent des chaînes musculaires qui permettent à l’homme de tenir debout. Ces chaînes musculaires sont au nombre de 5. L’information céphalique posturale sera donnée au cerveau par le référentiel dure-mérien mais aussi par des capteurs tels que le capteur optique, les muscles occulo-moteurs, le dispositif vestibulaire (tous bien sûr à référentiel orthogonaux).
L’homme tiendra debout par l’intermédiaire de tous ces différents capteurs. Mais le fait essentiel est qu’avec le vieillissement, avec les contraintes de notre civilisation très stressantes, certains capteurs deviennent de plus en plus déficients (en particulier les capteurs oculaire, vestibulaire, podal).
Ainsi l’occlusion prends de plus en plus d’importance chez les gens âgés. Nous avons alors inventé Jean Pierre Marty (podologue) et moi même un nouveau concept occlusal que nous avons baptisé « orthoposturodontie » qui est l’art de remettre les gens dans la verticalité, dans une posture optimale par le traitement occlusal.
Ce double système permet d’appréhender la posture dans sa globalité et non plus par rapport à une science des capteurs (par rapport à la façon d’être au monde, de se tenir donc par rapport à l’historicité du système). La posture est le reflet de ce que nous sommes par rapport au monde.
« Quand traiter ?
1 – Quand le système présente une symptomatologie matinale,
2 – Quand le système révèle une pathologie cranio-mandibulaire avérée. »
On parle d’occlusion alors que la normalité est l’inocclusion. C’est l’augmentation des contacts et en particulier des contacts nocturnes qui fourniront la pathologie au système. Cela se traduira par un fait très importants pour nous : les symptômes d’ordre occlusaux seront de fin de nuit ou de matin (migraines, maux de tête de fin de nuit, patients qui se réveillent avec des douleurs aux cervicales, cou, dos et qui accusent la literie).
A contrario les symptômes posturaux seront de fin de journée, liés à l’utilisation du capteur oculaire ou de la station debout et des pieds. Ceci se traduira par des douleurs de fin de journée.
Dans ces deux cas de symptomatologie matinale du système ou de pathologie temporo-mandibulaire ou crânio-mandibulaire à type de craquement, claquement, déviation mandibulaire ou limitation mandibulaire , le chirurgien dentiste aura nécessité à modifier le système. Il devra ainsi chercher une nouvelle position thérapeutique du système et ne pas laisser le patient dans sa position occlusale précédente.
Ceci définit une attitude différente du praticien : c’est la relation cranio-mandibulaire qui prime la relation dentaire. On retrouve le concept gnathologique qui disait que les dents avaient pour fonction de protéger l’ATM et non l’inverse. On va donc construire une nouvelle position articulaire thérapeutique qui sera alors stabilisée par une nouvelle relation occlusale. C’est cela notre principe d’orthoposturodontie.
Cas Clinique
Comment traiter ? C’est à dire comment trouver la position thérapeutique
Ces différentes cales en silicone vont être testées ensuite sur le patient à l’aide de différents tests posturaux comparatifs (j’insiste sur comparatif). Il s’agira de la verticale de Barré, du pupillomètre, de tests cliniques, kinésiologiques et de plate-formes posturales électroniques. On peut aussi utiliser des appareillages électroniques scientifiques. La cale choisie sera celle qui donnera la meilleur réponse posturale. La posture sera alors une vérification de notre occlusion.
80% des tests doivent être positifs c’est à dire que nous devons retrouver une posture la plus symétrique possible.
Un travail ostéopathique est effectué dès la pose de la gouttière . Nous, dentistes, nous sommes les architectes du crâne, nous allons déterminer une nouvelle relation cranio-vestibulaire et l’ostéopathe normalise toutes les chaînes posturales par rapport à cette nouvelle position. L’ostéopathe revoit le patient à 3 semaines et ensuite 1 fois par mois pendant quelques mois en fonction du degré de pathologie.
Lorsque les symptômes ont disparus, que le patient se sent bien, qu’objectivement les tests cliniques et posturaux sont corrects nous passons alors à la phase prothétique de stabilisation. Nous avons opté pour des collages par composite pour 2 raisons :
– économie financière pour le patient (il faudra coller 8 à 10 dents sinon plus et on peut aller jusqu’à 28 dents lorsqu’il faudra reconstituer le maxillaire et la mandibule) et aussi pour une économie de tissu (aucune préparation de la dent). Ceci rend le patient plus réceptif à nos techniques car beaucoup on été traumatisés par des meulages. Ensuite, il faut se rendre compte de la perversité des meulages. La première contrainte posturale par la gravité est verticale, d’affaissement, de compression. Etc (fin face A cassette)
– Pour nous la seule réponse est une réponse par addition.
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