Prévention des résorptions radiculaires en orthopédie-dento-faciale :
Publié le 05/01/2007Le traitement orthodontique peut provoquer des lésions des tissus mous et des tissus durs, dites « lésions iatrogènes ». Un traitement bien conduit et une bonne coopération du patient permettent d’éviter ces problèmes.
La connaissance du risque constitue l'élément essentiel de sa prévention.
A – L'aspect histologique :
Le cément est beaucoup moins dur à l’apex qu’au collet, ce qui explique la localisation plus fréquente des rhizalyses à ce niveau, c’est l’endroit ou s’exerce le maximum de force lors des mouvements de version et d’ingression.
Le déplacement dentaire n’est possible que si le seuil de résorption radiculaire est supérieur au seuil de résorption osseuse.
La résorption se manifeste sous deux formes marginale ou apicale :
– Marginale en dent de scie, la réparation est plus facile.
– Apicale en demie lune, il n’y a aucune cicatrisation.
La résorption se traduit par une simple encoche sur le cément, une résorption en nappe, un apex émoussé, des résorptions radiculaires latérales au delà de 4 mm.
B – Les facteurs de risque et la prévention :
– Certaines affections générales : prédisposent le patient à des résorptions radiculaires, l’asthme, les allergies, les troubles de croissance, les troubles endocriniens ou systémiques, diabète,….
– Facteurs génétiques : les patients présentant des antécédents familiaux de résorption radiculaire.
– Les résorptions radiculaires sont plus fréquentes chez l’adulte que chez l’enfant, elles augmentent avec l’âge.
– Chez le même patient, certaines dents sont plus soumises à des résorptions radiculaires (incisives supérieures).
– Le sexe : elles sont plus fréquentes chez les filles.
-La longueur et la forme radiculaire : les racines courtes et en pipettes, les coudures radiculaires, la proximité radiculaire de la corticale, une large couronne et pulpe dentaire avec racine trapue ..
La reprise d’un traitement orthodontique prédispose le patient à des risques de résorptions. Mouvement de va- et – vient.
– L’intensité des forces orthodontiques : il est recommandé d'utiliser des forces bioprogressives légères et de courte durée en arc droit, la force optimale pour chaque catégorie de dents doit être égale à 23 g par cm carré de surface radiculaire ( égale à la pression des capillaires sanguins.)
Les forces lourdes provoquent plus de cratères de résorption, diminuent plus le calcium et le phosphore dans le cémént, le fluor semble diminuer le risque de résorption.
– La maîtrise des mouvements dentaires : le mouvement de version entraîne une concentration des zones de pressions au niveau apical.
Le mouvement de torque : la zone de pression se trouve dans le tiers moyen radiculaire, ensuite elle se manifeste ou niveau de l’apex.
Le mouvement d’ingression : la pression est concentrée au niveau de l’apex.
L’utilisation des arcs rectangulaires et les élastiques de classe II augmentent le risque de résorption.
L’utilisation des appareils mobiles et fonctionnels entraînent moins de résorptions radiculaires que celle des appareillages fixes; les mouvements radiculaires ne sont pas les mêmes. Les forces extra-orales entraînent également des résorptions radiculaires.
– Les troubles fonctionnels augmentent le risque : les respirateurs buccaux, les patients qui ont des troubles de déglutition, succion digitale, les praxies..
– Facteurs traumatiques : une corrélation a été mise en évidence entre les traumatismes dentaires et le degré de résorptions radiculaires.
Facteurs radiculaires et idiopathiques : chaque patient à un potentiel de résorption radiculaire d’origine traumatique ou idiopathique. On observe des résorptions radiculaires sur les dents enclavées et les dents incluses. Une relation a été mise en évidence entre agénésies multiples et résorptions radiculaires.
C- Les signes cliniques :
Ils sont pauvres : à part la mobilité. Il n'y a pas de douleur.
La lésion est définitive. Elle peut diminuer la longueur de la racine de quelques dixième de mm jusqu'à la moitié….
Seules les radiographies (panoramique ou long cône) régulières peuvent aider à dépister une résorption ou à surveiller son évolution. Une radio panoramique est nécessaire à partir du 9ème mois du traitement orthodontique et ensuite tout les ans et en fin de traitement.
Tester la mobilité : test à faire pour les dents suspectées.
Signe d'alarme : une dent qui ne se déplace plus et n'est plus douloureuse peut signifier un début de résorption.
D- Attitudes thérapeutiques :
Abstention du traitement orthodontique : pour les patients présentant un grand risque de résorption.
Si il y a urgence esthétique, traiter avec un appareil mobile. Si la coopération du patient est bonne on peut envisager un traitement avec des appareillages fixes, en appliquant des forces légères de courtes durée.
Le patient doit être informé des risques qu’il encourt.
Un questionnaire médical doit être proposé aux patients afin de dépister les éventuels risques de résorption. Tenir compte des risques chez certains patients. Raccourcir la durée du traitement et motiver le patient pour mieux réussir le traitement.
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